Info Patronale · N° 335 · Novembre 2025
Logistock : une seconde vie pour les matériaux de construction
Première place de marché suisse pour les surplus de chantier, Logistock change la manière dont les entreprises de construction gèrent leurs matériaux. Fondée à Bulle, la start-up propose une solution simple et durable pour réduire les déchets, soutenir l'économie circulaire et rendre la construction plus responsable. Nous avons rencontré Leon Baftiri et Samuel Broch, ses jeunes fondateurs.
Version française
Logistock : une seconde vie pour les matériaux de construction
Qu'est-ce qui vous a inspiré la création de votre start-up ?
Le projet Logistock est né en 2021 dans le cadre de nos études. Nous avons constaté qu'une quantité importante de matériaux de construction neufs est systématiquement jetée, soit pendant les travaux, soit après un stockage au dépôt. Ces surplus sont estimés à environ dix pour cent des quantités de matériaux utilisées. Pour les entreprises, il est souvent plus coûteux de récupérer, stocker et réutiliser ces matériaux que de les éliminer et d'en racheter des neufs. Nous avons voulu faire de ce gaspillage une opportunité en créant une bourse aux matériaux.
Pouvez-vous nous expliquer brièvement le fonctionnement de votre solution ?
Logistock est la première place de marché suisse spécialisée dans les surplus de matériaux de construction. Concrètement, les entreprises de construction peuvent y publier en ligne leurs matériaux excédentaires, avec des offres souvent jusqu'à 70 % moins chères que sur le marché traditionnel. Notre plateforme simplifie le processus : publication d'annonces, visibilité ciblée et transactions sécurisées. C'est un outil à la fois écologique et économique, puisqu'il permet aussi de réduire les coûts de transport, de stockage et d'élimination.
Qui sont vos clients actuels et où se situent vos marchés potentiels ?
Depuis 2024, nous avons compté plus de 90 utilisateurs et plus de 220 annonces actives. Au départ, notre offre s'adressait aux professionnels. Début 2025, face à l'essor de l'autoconstruction, nous l'avons ouverte aux particuliers, afin de leur donner accès à des matériaux professionnels à prix réduits. Nos clients sont donc aussi bien des particuliers que des professionnels du bâtiment. À long terme, nous voulons nous ouvrir davantage aux PME du bâtiment, aux associations faîtières de la construction et au secteur des travaux publics.
Quels sont les avantages pour les utilisateurs et en quoi votre solution se distingue-t-elle des approches existantes dans votre domaine ?
Notre solution offre un double avantage. D'une part, un avantage économique : l'accès et l'utilisation de la plateforme sont gratuits. D'autre part, un avantage écologique : en donnant une seconde vie aux surplus, nous réduisons les déchets et les émissions liés au transport et à la production. Contrairement aux plateformes généralistes, Logistock est entièrement dédiée au secteur de la construction.
Comment vous positionnez-vous face à la concurrence ?
Notre force réside dans notre spécialisation et notre ancrage local. Nous travaillons avec des partenaires de la branche, dont un leader suisse avec lequel nous avons conclu un partenariat stratégique. Le label « Carbon Fri », que nous avons obtenu, renforce notre crédibilité en matière de durabilité.
Quelles sont vos prochaines étapes ?
Nous souhaitons élargir notre réseau en collaborant avec de nouvelles succursales HGC et renforcer notre présence auprès des entreprises de construction fribourgeoises. À moyen terme, l'objectif est de faire connaître Logistock dans toute la Suisse romande.
Une dernière question pour conclure : comment se passe votre collaboration avec Fri Up ?
Nous avons découvert Fri Up en 2021 lors d'une présentation au Collège du Sud à Bulle, au moment précis où l'idée de Logistock est née. Nous avons ensuite été invités par l'association à présenter notre idée lors du Start-up Lunch de septembre dernier : une belle occasion de présenter notre solution à l'écosystème fribourgeois et d'élargir notre réseau.