Info Patronale · N° 328 · Septembre 2024
HouseTrap : l'équilibre entre expansion et gestion des ressources
Rencontre avec Stéphanie Krieger, à la tête de HouseTrap, un centre d'escape game ouvert à Bulle en 2018. Elle nous parle de sa vision entrepreneuriale et de ses projets d'extension sur le canton.
Version française
On connaît votre personnalité pleine d'énergie et votre esprit entrepreneurial très marqué. Qu'est-ce qui vous a amené sur ce parcours ?
J'ai commencé mon parcours professionnel chez UBS, puis au Club Med, qui s'est révélé être une école de vie pour moi. J'y ai appris l'importance de créer une expérience unique pour les clients, peu importe le domaine dans lequel on travaille. Cependant, le rythme intense, avec des managers parfois peu compréhensifs, m'a également montré les limites de ce modèle. Ces expériences m'ont profondément marquée et m'ont inspirée à créer des environnements de travail où le bien-être des employé·e·s est au centre, tout en offrant des aventures immersives de qualité à notre clientèle.
Pouvez-vous nous en dire plus sur votre première expérience entrepreneuriale et l'impact qu'elle a eue sur votre trajectoire ?
Après avoir monté deux sociétés en 2012 et 2014 dans des domaines très différents où je donnais des cours et des formations, je me suis lancée dans l'escape game en 2016. J'avais des associé·e·s pour la partie technique, mais nous n'avions pas la même vision, ce qui a mené à des divergences d'opinions. En 2018, j'ai finalement décidé de revendre cette entreprise basée en Valais. Ça a été une décision difficile, car c'était mon projet de vie. Cependant, cette expérience m'a appris la résilience et à être plus vigilante sur les partenariats. C'était une étape marquante qui m'a permis de rebondir avec plus de clarté et de détermination.
Aujourd'hui, vous êtes responsable d'une structure à Bulle, mais vous avez également des projets à Fribourg et à Payerne. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui, j'ai ouvert une nouvelle structure à Bulle en 2018, HouseTrap. C'est là que j'ai vraiment été en mesure de développer ma vision avec une équipe solide. Cette année, nous avons décidé de grandir. Nous sommes en train de préparer l'ouverture de nouveaux centres à Fribourg et à Payerne, qui devraient voir le jour en 2024. Ces expansions sont excitantes, mais elles ajoutent également une couche de complexité, notamment sur le plan financier et de remise en question du modèle d'affaire actuel.
Quels sont les principaux défis ou difficultés auxquels vous faites face actuellement ?
Les défis actuels sont principalement financiers et organisationnels. Je dois décider si je continue seule ou si j'ouvre le capital à des investisseur·euse·s. Il y a aussi le besoin de renforcer la structure de l'équipe pour qu'elle soit davantage spécialisée et en capacité de gérer plusieurs ouvertures de sites, dans le but d'assurer une croissance durable. Enfin, nous devons diversifier nos activités pour générer des revenus plus autonomes et réduire la pression sur les équipes due aux échéances d'ouvertures que demande le modèle d'affaire des escape game. C'est donc un équilibre délicat entre expansion et gestion des ressources.
Fri Up soutient notamment l'entrepreneuriat. Comment est-ce que ça se présente pour vous ?
Fri Up m'a aidée à continuer de structurer et consolider mes objectifs financiers, surtout dans cette phase de croissance où les décisions doivent être prises avec soin. Les coachs de l'association m'ont donc apporté le soutien nécessaire pour faire ces choix en toute connaissance de cause. Cela me permet finalement d'évaluer les risques et les opportunités liés à ce projet entrepreneurial qui fait face à une expansion importante. Sans compter que lorsqu'on est seule actionnaire, seule administratrice et seule CEO il est parfois bon de s'entourer de personnes externes afin de challenger ses propres décisions avec humilité.
Deutsche Fassung
HouseTrap – ein Gleichgewicht zwischen Expansion und Ressourcenmanagement
Beim Treffen mit Stéphanie Krieger, der Leiterin von HouseTrap, einem Escape-Game-Zentrum, das 2018 in Bulle eröffnet wurde, spricht sie mit uns über ihre unternehmerische Vision und ihre Expansionspläne für den Kanton.
Wir kennen Ihre energiegeladene Persönlichkeit und Ihren ausgeprägten Unternehmergeist. Was hat Sie auf diesen Weg gebracht?
Ich habe meine berufliche Laufbahn bei der UBS begonnen, dann im Club Med, der sich für mich als Lebensschule erwiesen hat. Dort habe ich gelernt, wie wichtig es ist, ein einzigartiges Erlebnis für die Kunden zu schaffen, egal in welchem Bereich man arbeitet. Allerdings hat mir das intensive Tempo mit manchmal wenig verständnisvollen Managern auch die Grenzen dieses Modells aufgezeigt. Diese Erfahrungen haben mich tief beeindruckt und mich dazu inspiriert, Arbeitsumgebungen zu schaffen, in denen das Wohlbefinden des Personals im Mittelpunkt steht, und gleichzeitig unserer Kundschaft hochwertige immersive Abenteuer zu bieten.
Können Sie uns mehr über Ihre erste unternehmerische Erfahrung erzählen und welchen Einfluss sie auf Ihren Werdegang hatte?
Nachdem ich 2012 und 2014 zwei Unternehmen in sehr unterschiedlichen Bereichen gegründet hatte, in denen ich Kurse und Schulungen gab, habe ich 2016 mit dem Escape Game angefangen. Ich hatte Partner für den technischen Teil, aber wir hatten nicht die gleichen Vorstellungen, was zu Meinungsverschiedenheiten führte. 2018 beschloss ich schliesslich, das im Wallis ansässige Unternehmen zu verkaufen. Es war eine schwierige Entscheidung, da es mein Lebensprojekt war. Allerdings hat mich diese Erfahrung Resilienz gelehrt und mich dazu gebracht, bei Partnerschaften wachsamer zu sein. Es war ein Meilenstein, der es mir ermöglicht hat, mit mehr Klarheit und Entschlossenheit weiterzumachen.
Heute sind Sie für eine Einrichtung in Bulle verantwortlich, aber Sie haben auch Projekte in Freiburg und Payerne. Können Sie uns mehr darüber erzählen?
Ja, ich habe 2018 eine neue Einrichtung in Bulle eröffnet, HouseTrap. Dort war ich wirklich in der Lage, meine Vision mit einem starken Team zu entwickeln. Dieses Jahr haben wir beschlossen, zu wachsen. Wir bereiten die Eröffnung neuer Zentren in Freiburg und Payerne vor, die noch in diesem Jahr vonstatten gehen soll. Diese zweifache Expansion ist aufregend, aber sie bringt auch eine neue Ebene der Komplexität mit sich, insbesondere in finanzieller Hinsicht und in Bezug auf die Infragestellung des aktuellen Geschäftsmodells.
Was sind die grössten Herausforderungen und Schwierigkeiten, mit denen Sie derzeit konfrontiert sind?
Die derzeitigen Herausforderungen sind hauptsächlich finanzieller und organisatorischer Natur. Ich muss entscheiden, ob ich alleine weitermache oder das Kapital für Investoren öffne. Ausserdem müssen wir die Teamstruktur stärken, damit sie spezialisierter wird und in der Lage ist, mehrere Neueröffnungen zu bewältigen, um ein nachhaltiges Wachstum zu gewährleisten. Schliesslich müssen wir unsere Aktivitäten diversifizieren, um eigenständigere Einnahmen zu erzielen und den Druck auf das Team aufgrund der Eröffnungsfristen, die das Geschäftsmodell von Escape Games erfordert, zu verringern. Es ist also ein heikles Gleichgewicht zwischen Expansion und Ressourcenmanagement.
Fri Up unterstützt insbesondere das Unternehmertum. Wie sieht das bei Ihnen aus?
Fri Up hat mir geholfen, meine finanziellen Ziele weiter zu strukturieren und zu festigen, vor allem in der Wachstumsphase, in der Entscheidungen sorgfältig getroffen werden müssen. Die Coaches des Vereins haben mir also die nötige Unterstützung gegeben, um diese Entscheidungen in voller Kenntnis der Sachlage zu treffen. Dadurch kann ich schliesslich die Risiken und Chancen dieses unternehmerischen Projekts, das vor einer grossen Expansion steht, besser einschätzen. Ganz abgesehen davon, dass es, wenn man alleiniger Aktionär, alleiniger Direktor und alleiniger CEO ist, manchmal gut ist, sich mit externen Personen zu umgeben, um sich in Bescheidenheit zu üben und die eigenen Entscheidungen zu hinterfragen.